Demi-finale d'Eloquentia : quand la Culture rencontre l'Eloquence

Publié le 28 mars 2017 Mis à jour le 28 mars 2017

Un cadre exceptionnel pour dévoiler le grand talent d'étudiants orateurs. C'est le Ministère de la Culture et de la Communication qui a prêté ses locaux le temps d'une soirée pour accueillir la demi-finale du concours d'Eloquentia Nanterre. Comité restreint certes, mais pas élitiste pour autant. L'organisation avait tout prévu, et pour pallier au manque de place, c'est l'intégralité du concours qui a été retransmise en direct sur la page Facebook de l'association.

Lundi 20 mars, ce sont Kenza, Alyune, Seydi et Williano qui se sont affrontés pour les deux places en finale. S'il a fallu choisir deux gagnants, les quatre candidats ont été à la hauteur et ont fait montre d'une passion des mots qui a su captiver l'auditoire du début à la fin.
Chacun sa plume, chacun son registre et autant de richesses. Leurs discours vous prennent aux tripes ou vous font rire à gorge déployée, peu importe, l'important est de faire réagir. Des sujets originaux, qui prêtent parfois à sourire tels que : « Un beau mensonge vaut-il une triste vérité ? » ou plus graves comme « La culture est-elle à l'épreuve des balles ? ». Du rire aux larmes il n'y a qu'un pas.
Des thèmes variés, une dynamique scénique et orale puissante, un peu de stress aussi, mais toujours ces sourires et cette volonté de convaincre et transmettre par la parole.

Riche de sa culture franco-sénégalaise, c'est Alyune qui a ouvert cette demi-finale. Pertinent et juste, ses Lions de la Teranga resteront dans les mémoires. Rempli d'émotions, son discours a séduit le jury et lui a permis d'obtenir sa place en finale. Il était opposé à Williano le poète, qui a défendu la négative sur le sujet « la culture est-elle à l'épreuve des balles ? ». L'utilisation d'une métaphore filée tout au long de sa prestation, la virtuosité de ses mots et le message d'espoir contenu en leur sein lui ont permis, à nos yeux, de signer l'une des prestations les plus bouleversantes de cette soirée. Alors, même si la culture n'est pas étanche aux attaques balistiques, nous resterons sur ce chiasme marquant qui nous incite à préférer « la force de la culture à la culture de la force ».

Ensuite, c'est Seydi qui s'est lancé sur la positive d'«un beau mensonge vaut-il une triste vérité ? ». Humour et sérieux se sont rencontrés durant tout son discours. Sans honte, il n'a pas hésité à nous inciter à devenir menteurs et tricheurs, il faut le dire, nous étions presque dupes. Heureusement, Kenza était là pour nous ramener sur le droit chemin et nous démontrer à haute voix, que le mensonge, même sublime, ne valait certainement pas une triste vérité. Prenant à partie son concurrent, son discours accompagné d'un jeu de scène bienvenu a su conclure cette soirée en apothéose.

S'en est suivie la critique de leurs performances par les jurés, acerbes, pointilleux mais toujours conscients du courage et du talent des candidats, ils n'ont pas hésité à revenir sur les petites incohérences ou maladresses de langage. Loin d'être ingrats ou injustes, les cinq juristes accomplis : Isabelle Chataignier, Charles Harroche, Anne-Sophie Laguens, Thomas Heintz, Guillaume Prigent accompagnés de figures renommées qui n'étaient autres que l'auteur et chanteur Gaël Faye, la scénariste et youtubeuse Juliette Tresanini, et l'humoriste, scénariste, interprète Akim Omiri sont revenus sur les prestations des étudiants leur livrant leurs remarques et leur prodiguant des conseils, finissant à chaque fois, par saluer leur maîtrise de l'art oratoire.

Pour finir, remercions l'association Eloquentia Nanterre et surtout l'investissement de son président Valentin et de ses membres qui ont tout mis en œuvre pour que cette soirée soit une réussite.
Si vous avez manqué cette soirée, n'ayez crainte, vous pourrez retrouver les quatre candidats à l'université Paris Nanterre, ce mardi 28 mars. Williano et Kenza livreront leur dernière bataille pour la troisième marche du podium en petite finale tandis que Seydi et Alyune s'affronteront pour le titre.

Rédactrice : Marion Gelin
Date : Lundi 20 mars 2017

Mis à jour le 28 mars 2017