Le mot du correcteur

Parce que d'après Damien Berrard (artiste, musicien et poète français), « c'est sous la langue française que se cachent les plus beaux maux », Luc Bentz, va nous donner quelques conseils afin d'éviter de maltraiter celle qui nous donne parfois du fil à retordre. Entre les accords de participe, les majuscules et autres règles d'orthographe, le mot du relecteur vous évitera bien des maux !

En finir avec "et ce"

Voilà deux mots qui servent de relance facile, mais sont alors du plus disgracieux effet : bla-bla, ET CE bla-bla-bla. Car, si le son qui sort des esses (ou ouïes) d'un violon peut être délicat (sauf, c'est bien connu, les six premiers mois, surtout pour les voisins), le « et ce » vient désagréablement alourdir un exposé ou la rédaction d'une copie.

Mettez de l'ordre dans les nombres !

Les nombres ordinaux (premier, deuxième) peuvent s'écrire en chiffres, en lettres, et même dans ce mélange des genres qui s'appelle les chiffres romains. Comment dé/brouiller ce désordre ? Comment les abréger ? Voici quelques indications pour tout remettre… en ordre !

Comment citer les références

Il était d'usage, pour un·e domestique se présentant pour une nouvelle place, qu'on lui demandât « ses références ». La domesticité, sauf dans des milieux fortunés, appartient à d'autres temps, mais les références restent exigées des étudiants. Quand il s'agit de références bibliographiques, la complication est apparente… mais les apparences sont faites pour être éclaircies !

Pourquoi les étudiant.e.s doivent maîtriser l'art de la haute coupure

Les phrases à rallonge sont une plaie. Expliquons d'abord pourquoi. Voyons ensuite comment faire autrement. Surtout, vous vous rendrez service : aujourd'hui en fac ; demain, dans votre activité professionnelle. Vous serez ces alumni de Paris-Nanterre repérés et appréciés en raison de vos lectures du Phare Ouest !

Institutions et organismes : capitale initiale ou pas ?

Les majuscules abusives sont une plaie. Le français n'est pas (ou plus, depuis quelques siècles) comme l'allemand qui capitalise tous les noms. Mais comment s'y retrouver, et pourquoi doit-on écrire Cour des comptes, mais chambre régionale des comptes, Tribunal des conflits, mais tribunal de grande instance de N, conseil municipal, mais Conseil des ministres ou Conseil d'État ?

Parti ou partie ?

Le parti ou la partie ? Pour savoir lequel ou laquelle choisir, la raison importe parfois moins que l'usage. Essayons ici de nous y retrouver sans avoir maille à partir avec l'orthographe.

« Côte » coiffée ou « cote » chapeau bas ?

Il y a « côte » et « cote ». Les frères de la côte étaient les pirates du temps de la marine à voile. Les pirates modernes qui opèrent à la bourse se préoccupent plutôt de la cote des actions.

Traitons la « prudence » avec circonspection

Pour éviter de sérieux contresens, se rappeler ici (comme chez Machiavel ou Platon et Aristote) que, quand on parle ici de «prudence», ce n'est pas au sens courant (ne pas se mettre en danger, ne pas être aventureux, être précautionneux). Prudent, par le latin auquel il emprunte sa forme, signifiait prévoyant dans les deux sens du terme (capacité à la prévision, capacité à la prévoyance). La sagesse (la connaissance de celui qui a su prévoir) a suivi, mais aussi, plus spécialement, la sagesse pratique. Revenons donc sur ce mot… avec prudence !

En termes de

En termes de s'écrit toujours au pluriel, même avec un nom au singulier.
Cette locution renvoyait initialement aux des termes d’un langage spécifique (un jargon professionnel ou scientifique, au sens non péjoratif du terme). On dira ainsi : en termes de philosophie. L’expression a pris, dans la langue moderne, un tour plus extensif (en termes d'efficacité), mais la construction ne change pas. Devenue courante aujourd’hui, elle nécessite le maintien du pluriel initial : l’écrit porte les traces de l’histoire de la langue.
Quand il s'agit de termes, il s'agit de mots et non pas du terme, c'est-à-dire de la fin d'une chose comme dans : « Ce projet est arrivé à son terme. ». On s'exprime rarement par un seul mot (si on le fait, cela renvoie à un contexte plus complexe, énoncé par une question ou une affimartion. Non?).
Quand vous pensez à en termes rappelez vous de formulations voisines : être en bons/mauvais termes avec quelqu'un, aux termes de la loi (qui emploie effectivement plusieurs mots dans un même article de code).

Un dû parfois indu


Pourquoi « dû » perd-il son chapeau ? Comment savoir si écrire « dû à » est correct ou, au contraire, est la marque d’un abominable anglicisme ? Le correcteur ouèbe du Phare Ouest vous dit tout.

Gens, gent, gentilé : nos gentils éclaircissements

« Ah ! les gens ? » Non, la gens au double sens (famille élargie, peuple). Apprenez pourquoi le droit des gens est synonyme de droit international, comment gentil est en fait un vilain traître à double sens et pourquoi il faut écrire la gent malgré nos réflexes sur les noms féminins. On verra aussi, de-ci de-là, comme la langue porte, imprimée en elle par son histoire, les traces de la domination masculine (mais pas que…).

L'État dans tous ses états

L’état des lieux, l’état de fait, l’état de fatigue et même l’état d’ébriété. Ces états ordinaires commencent par une modeste minuscule, un caractère en bas de casse comme dit l’argot typographique. Mais il y état et État.
L’État, entité politique, est un quasi-nom propre. On peut s’en souvenir en pendant qu’un État prend sa capitale. Quand il s’agit d’État, celui qui a le monopole de la violence physique légitime selon la célèbre formule de Max Weber, la capitale s’impose.
Dans une copie d’étudiant, il peut être donc malvenu, sinon préjudiciable, d’écrire le pouvoir d’état, les institutions de l’état au lieu du pouvoir d’État, des institutions de l’État. Et bien entendu, quand il s’agit d’histoire, de vie politique ou de droit, n’oubliez par le Conseil d’État qui bénéficie d’une capitale à Conseil parce que c’est une institution nationale unique sans que l’État perde la sienne.
Signalons pour conclure que les États-Unis d’Amérique (avec un trait d’union comme dans le cas du Royaume-Uni) comptent cinquante États fédérés de l’État de New York (capitale Albany) à l’État de Californie (capitale Sacramento).

Mis à jour le 16 février 2018