Destination 1 : Yanbow Al-Kitab à Casablanca (Maroc)

Publié le 28 janvier 2018 Mis à jour le 28 janvier 2018

Comme promis, Noémie nous raconte ses aventures dans son tour du monde de l'édition jeunesse, dans le cadre de son projet 7 lieues 1 livre. Première étape : le Maroc. Entre découvertes professionnelles et adaptation à la vie locale, vous allez voir que l'expérience de Noémie a été riche en émotions !

Coucou à toutes et à tous,

L’heure est au bilan pour cette première étape de mon tour du monde de l’édition jeunesse « 7 lieues et un livre » ! Cette première étape s'est déroulée au Maroc, dans la maison d'édition Yanbow Al Kitab. Je vais revenir sur mes découvertes professionnelles et personnelles dans ce pays.



Qu’ai-je appris sur le métier d’éditeur jeunesse et sur le monde du livre au Maroc ?

Il y a eu pas mal de surprises et d’interrogations sur ce point, puisque le Maroc est un pays dans lequel les gens ne lisent pas, ou très peu. Ne cherchez pas des lecteurs aux terrasses des cafés, tenant un verre de thé à la menthe d’une main et un bon bouquin de l’autre : ça n’existe pas. C’est en fait toute la valeur symbolique du livre (et pécuniaire aussi) qui est bouleversée au Maroc. Même les professionnels du livre, comme les distributeurs ou les libraires, n’en prennent pas soin. J’ai, par exemple, visité un entrepôt d’un distributeur de livres marocains et ce que j’y ai vu était à pleurer : des piles de livres traînant dans la poussière, à même le sol. On comprend alors pourquoi les Marocains ne veulent pas mettre plus de 10 dirhams (l’équivalent d'un euro) dans l’achat d’un livre pour enfants.




Pour ce qui est du métier d’éditeur jeunesse, l’absence de réseaux de professionnels autour du monde du livre est très contraignante. Il y a peu d’éditeurs, peu de distributeurs, peu de libraires… Il faut donc être polyvalent et assurer toutes les tâches comme la formation des enseignants à la lecture en classe dans les écoles (surtout dans les écoles publiques). C’est le travail d’éditeur comme Yanbow Al-Kitab — travail à la fois pédagogique portant sur la sensibilisation au livre et travail éditorial. En ce qui concerne ce travail éditorial, il s'agit de faire prendre conscience aux auteurs et illustrateurs arabes qu’ils ont des droits vis-à-vis de leurs œuvres, la plupart vendant encore l’intégralité des droits aux éditeurs sans demander un quelconque pourcentage sur les ventes.



Et d’un point de vue personnel ?


Je retiens du Maroc que c’est un pays où la population est vraiment très chaleureuse. Il y a un vrai statut de l’invité à qui on va essayer de faire découvrir la ville, les coutumes ou les plats locaux. J’avais la chance d’avoir un beau-frère marocain et, par le jeu de ses relations, je me suis retrouvée à vadrouiller, chaque week-end, de ville en ville et de famille en famille : chacune d’entre elles m’ouvrait grand sa porte et s’attristait du peu de temps que je passais avec elles. L’hospitalité est ici un devoir, et elle est source de fierté.

Tous les rapports sociaux sont différents ici. La famille, même éloignée, est privilégiée par rapport aux amis, surtout chez les femmes. Les notions d’individu et d’intimité perdent leur sens, à l’image des pèse-personnes proposés à proximité des plages de Tanger ou des grandes tentes que l’on installe en pleine rue à Casablanca pour célébrer les mariages ou les décès. De nature très pudique, certains sujets sont tabous chez les Marocains. Mais, pour le reste, tout se sait très vite, grâce au bouche-à-oreille.


Une dernière petite anecdote



J’ai été étonnée de voir comment la moindre tâche banale de la vie quotidienne nécessite un effort d’adaptation par rapport à mes repères occidentaux. Après avoir passé quasiment un mois au Maroc, j’ai toujours autant de mal à trouver ce que je cherche dans un supermarché (Les Casaouis — les habitants de Casablanca — privilégient les marchands ambulants pour les fruits, les légumes mais aussi pour le poisson ou les œufs), à faire ma lessive (lavage à la main pour ma part, faute de laverie automatique), ou encore à savoir comment m’habiller (faute de chauffage, les intérieurs sont généralement plus froids que les extérieurs).



Rendez-vous le mois prochain pour la suite des aventures de notre baroudeuse de la littérature jeunesse !


Noémie BELLANGER
26/01/2017

Mis à jour le 28 janvier 2018