G.G.K ou l’identité heureuse

Publié le 10 décembre 2017 Mis à jour le 10 décembre 2017

Vous ne l’avez certainement pas raté : le festival « Nanterre sur scène » s’est installé au bâtiment L du campus pendant une semaine. Vous avez pu découvrir un panel surprenant de représentations en tout genre. Parmi elles, G.G.K., pièce de théâtre adaptée du texte de Frédéric Sonntag. On y est allé pour vous, et voici ce qu’on en pense.

G.G.K., c’est l’histoire d’un groupuscule d’activistes qui se réunit pour tourner une vidéo de propagande. Seulement, comment réussir à se mettre d’accord sur le but de ce groupe ? Comment être certain que chaque membre a la même vision de l’idéologie qui les rassemble ? Une identité collective est-elle possible si chaque membre a une vision différente de ce qu’est George Kaplan ? Le collectif G.G.K (Groupe George Kaplan) traverse cette crise existentielle qui pousse chaque personne de l’équipe à se questionner sur la notion d’identité. Tâche ardue puisque tout adhérent du groupuscule est d’emblée nommé… George. Ce nom est une référence au film La Mort aux trousses d’Alfred Hitchock dans lequel le personnage joué par Cary Grant est enlevé à la suite d'un malentendu : ses ravisseurs le prennent pour un certain George Kaplan, personnage fictif.

Au travers d’une pièce collaborative qui cherche à pleinement incorporer le public à l’évolution des événements, le spectateur se retrouve au sein même de la réunion que les personnages organisent et a son mot à dire sur les sujets qui sont abordés. Que ce soit lors du commencement de la représentation — où nous sommes invités à porter des masques et à participer à la vidéo de propagande —, ou alors en plein milieu de la réunion, quand des membres du public sont sollicités pour décrire le mouvement G.G.K en un mot, la foule ne quitte jamais vraiment l’univers dans lequel on l’a plongé. Les comédiens vont même jusqu’à distribuer du café et des bières, disposés sur leur table de travail, aux spectateurs désireux de s’abreuver.

L’agencement de l’espace Reverdy, dans lequel se déroulait la pièce permettait également de créer cette proximité avec le public. En effet, il n’y avait ni estrade, ni scène surélevée. Nous nous trouvions au même niveau que les comédiens, nous étions donc plus enclins à nous sentir partie intégrante des événements. Ce rapprochement et ce parti-pris, dès le début de la représentation, a rendu le public extrêmement réceptif à la pièce. Rires et réactions en tout genre fusaient dans la salle. Par ailleurs, le jeu convaincant des comédiens traduit la tension et la profonde réflexion des personnages à propos de leur groupuscule. Les dialogues sont fluides, les intonations justes, tantôt dramatiques, tantôt agacées ou bien comiques.

Le seul point négatif réside dans des décors assez minimalistes. Ceux-ci consistaient en une simple table, une chaise et un tableau. Néanmoins, les comédiens utilisaient suffisamment l’espace qu’ils avaient à disposition pour nous faire oublier cette scénographie légère. Ils occupaient le centre de la pièce, se mêlaient au public, s’asseyaient à côté des spectateurs et, à certaines occasions, sortaient de l’espace Reverdy à grand coups de porte claquée.

En somme, G.G.K fut un succès à la fois du public et de la critique. Le jeu des comédiens, la proximité créée avec le public et le thème abordé se sont retrouvés en harmonie sur la scène improvisée de l’espace Reverdy. Nous sommes repartis conquis, en ayant eu le sentiment d’avoir participé à une réunion d’équipe, et d’avoir fait avancer le questionnement qui nous était posé. Par extension, cette pièce était aussi un peu la nôtre.

Rédigé par Caroline Hannezo
06/12/2017

Mis à jour le 10 décembre 2017