La polémique de la hausse du carburant

Publié le 21 novembre 2018 Mis à jour le 21 novembre 2018

Notre société n'échappe pas aux grandes polémiques autour de la hausse du pétrole sans ajouter sa naturelle FrenchTouch'. Entre dénonciations politiques et économiques contre la réforme et revendications des citoyens, le débat fait rage. La mise en place de cette taxe impulsée par Nicolas Sarkozy en 2009 divise la société française...

La polémique sur la hausse du carburant


Par Hanane Talbi


  Ces dernières semaines, impossible de passer à côté de la problématique sur la hausse du Diesel entre les appels aux blocages sur les réseaux sociaux et les pétitions contre cette augmentation atteignant jusqu’à 800 000 signatures.

  En 2009 déjà, monsieur Nicolas Sarkozy à l’époque président de la République annonçait une fiscalité écologique basé sur le modèle nordique portant sur le pétrole et le charbon. Début novembre 2018, c’est chose faite, le gouvernement annonce une taxe sur le carburant qui fait passer la barre des 1,50 euros par litre pour janvier 2019. Ainsi, les détracteurs de cette taxe déplorent une perte du pouvoir d’achat, le fait que cela soit les personnes les moins privilégiées qui sont le plus touchées car c’est eux qui roulent le plus pour aller au travail et ont des voitures à bas prix fonctionnant au diesel et accusent le gouvernement de « faire ses fins de mois » avec la taxe à la pompe.
  En effet, d’après Jean-Louis Filippini, vice-président de 40 millions d’automobilistes, à chaque fois qu’est augmenté le carburant de 1 centime, cela fait entrer 350 millions d’euros dans les caisses de l’État. Ainsi, de nombreux citoyens se sont interrogés sur l’utilité de cette taxe qui constitue la plus grande partie du prix et ce qu’elle permet de financer. Il est intéressant de constater que le prix du pétrole brut est composé de 60% de taxe, la principale est « la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », qui permet de réduire la consommation de pétrole et, ainsi, contribue à contenir l'effet de serre ainsi que de financer l'entretien du réseau routier. En effet, le transport routier suppose des infrastructures, qui devraient en principe faire l'objet d'une redevance plutôt que d'un financement par l'impôt, mais la mise en place d'une redevance sur l'utilisation du réseau routier nécessiterait des investissements coûteux : la « la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques » constitue un bon substitut à cette redevance.
  Cependant, le gouvernement se défend en expliquant qu’en 1980, 1 litre d’essence coûtait 52 centimes, mais que le smic horaire était de 2,18 euros. Ainsi donc, pour 1 heure travaillée, on pouvait acheter 3 litres, c’est deux fois moins qu’aujourd’hui. 
 
  Toutefois, suite aux mécontentements des citoyens n’ayant pas d’autres choix que de prendre leurs voitures, le gouvernement a répondu ces derniers jours vouloir mettre en place un nouveau dispositif pour aider les personnes qui font plus de 30km par jour afin d’atténuer pour eux la hausse des prix du carburant. La motivation du gouvernement réside dans le désir de passer à une transition énergétique en installant une fiscalité comportementale pour forcer les citoyens à consommer moins en pratiquant le covoiturage, le cyclisme, en prenant les transports en commun et en motivant les constructeurs automobiles à proposer des véhicules économes en carburant, donc plus propres. Il faut relativiser, par rapports a nos voisins européens, notamment l’Italie, la Belgique , la grande bretagne et la  suède qui payent plus cher que la France. Il est important d’avoir conscience qu’il est fréquent que les taxes sur le carburant représentent plus de la moitié du prix à la pompe.

 
 
 
 

Mis à jour le 21 novembre 2018