Bom dia, Tudo bem ?

Publié le 16 mars 2018 Mis à jour le 19 mars 2018

Noémie, notre baroudeuse de la littérature jeunesse, a posé ses valises au Portugal, dans la maison d'édition d'Orfeu Negro, à Lisbonne. Retour sur son expérience portugaise à base de sangria, d'auberge de jeunesse, mais surtout, de littérature jeunesse !

En long transit de Lisbonne à Kigali, voici l’occasion rêvée pour évoquer l’escale portugaise qui vient tout juste de se terminer. Un mois de février bien trop court à mon goût, mais aussi riche en rencontres et en enseignements.


Qu’ai-je appris sur le métier d’éditeur jeunesse et sur le monde du livre au Portugal ?

En arrivant au Portugal, j’ai retrouvé des repères européens et un processus de création éditoriale similaire à celui qui existe en France. Malgré un marché du livre jeunesse plus petit au Portugal qu’en France, l’édition jeunesse portugaise est connue depuis les années 2000 pour être un laboratoire d’expérimentations graphiques. Les albums jeunesse portugais, au design très contemporain, plein de formes et de couleurs, s’exportent très bien à l’international et sont souvent primés, notamment à la foire internationale du livre jeunesse de Bologne. Cette excellence graphique peut être expliquée par diverses raisons : des raisons historiques, avec des illustrateurs subversifs qui ont continué à développer leur art durant la dictature de Salazar, et dont le travail inspire aujourd’hui de nouvelles générations d’artistes sorties tout droit de très bonnes écoles d’art ; des raisons structurelles aussi, avec des maisons d’édition créées par des illustrateurs eux-mêmes (comme Pato Logico) ou des collectifs d’illustrateurs (comme Planeta Tangerina). Les projets éditoriaux sont souvent proposés par des illustrateurs et il peut être difficile pour les éditeurs de trouver de bons auteurs jeunesse portugais. L’objet-livre est également contraint au niveau de sa fabrication. Les éditeurs jeunesse indépendants portugais privilégient les imprimeurs portugais qui les aident à rentabiliser les formats de leurs livres et conditionnent le papier utilisé.

Au niveau du métier d’éditeur, j’ai été une nouvelle fois confrontée à une pluralité de tâches avec une maison d’édition, Orfeu Negro, qui cherche à remplacer les maillons faibles de la chaîne du livre au Portugal. Ainsi, elle distribue ses propres livres, ainsi que ceux d’autres éditeurs portugais, et possède une librairie spécialisée en livres illustrés, Baoba, dans Lisbonne. Être éditeur n’est alors pas simplement créer des livres pour les commercialiser ; c’est aussi participer à l’animation culturelle, à différentes échelles, et chercher à bousculer les normes et les idées.


Et d’un point de vue personnel ?

En me promenant les premiers jours à Lisbonne, je suis d’abord restée un peu sur ma faim. Le temps était gris et le défilé des touristes allant de monument en monument avait quelque chose de déprimant. C’est en m’éloignant du centre-ville et en partageant le quotidien de mes collègues de travail que j’ai commencé à apprécier Lisbonne. La capitale portugaise est une ville dans laquelle on se sent vite chez soi. Tout y est facile, fluide, agréable. Même le métro se prend avec plaisir ! Et les Portugais ont cette chaleur du sud de l’Europe : ils aiment partager et sortir jusque tard le soir. De nombreux choix s’offrent à vous, que vous vouliez boire du vin ou de la sangria dans un bar ou une taverne de la ville, ou que vous penchiez davantage pour un restaurant chinois illégal caché - mais connu de tous - dans un immeuble du centre. Puis, les nuits se prolongent, au rythme des musiciens et des chanteurs et chanteuses de fado, cette musique typiquement portugaise, terriblement mélancolique.

 


Une dernière petite anecdote

Durant un mois, j'ai dormi tous les soirs dans la même auberge de jeunesse, en plein centre-ville. Ce n’est pas le seul pays dans lequel je vais loger dans un hostel, mais il est vrai que c’est une expérience dans l’expérience. Si l’endroit était particulièrement propre et bien pensé (avec, par exemple, une machine à laver à disposition des baroudeurs), j’ai bien sûr eu quelques surprises : le flot incessant de nouvelles têtes (peu de gens restent plus de 3 ou 4 jours) est vite lassant et sociabiliser n’est pas forcément chose facile, surtout avec la diversité des profils. Peu avant mon départ, je suis ainsi revenue de mon petit-déjeuner pour me retrouver face à une inconnue dans mon lit, que je venais à peine de quitter. Passablement alcoolisée, elle s’était trompée de chambre, de lit, et peut-être même d’étage. Elle a été particulièrement difficile à déloger, une vraie mise à l’épreuve pour mon sang froid !

Le Ponte 25 de Abril à Lisbonne

Rédigé par NoémieBELLANGER 
Le 04/03/2018

 

Rendez-vous le mois prochain pour la suite du tour du monde de la littérature jeunesse de Noémie !


Mis à jour le 19 mars 2018