Destination 5 : la Nouvelle-Zélande !

Publié le 6 août 2018 Mis à jour le 6 août 2018

Hello! Je commence ce nouvel article par une petite question qui n’a rien de rhétorique en Nouvelle-Zélande : how are you? Je vous propose ce mois-ci de découvrir le pays où même les caissiers au supermarché s’attendent à ce que vous leur racontiez votre vie quand ils vous demandent comment vous allez.



Qu’est-ce que j’ai appris sur le métier d’éditeur jeunesse et sur le monde du livre en Nouvelle-Zélande ?


Mon stage en Nouvelle Zélande s’annonçait comme un peu différent de mes précédents stages dans la mesure où la maison d’édition jeunesse dans laquelle je devais le faire, Gecko Press, a une ligne éditoriale très particulière, à 80% axée sur de la traduction d’albums considérés comme des classiques de la littérature jeunesse mondiale ou ayant été récompensés pour leur qualité. Et croyez-moi, ce n’est pas si courant que ça dans le monde anglo-saxon de traduire des titres. Pas forcément donc une immersion dans la culture littéraire kiwi mais, au contraire, une emphase sur ce qui fait l’universalité de la littérature jeunesse. Le processus d’édition est un peu différent forcément. Les éditrices se rendent dans les foires internationales du livre, y rencontrent les vendeurs de droits étrangers de nombreuses maisons de divers pays à travers le monde et expriment ou non leur intérêt pour tel ou tel livre. Puis les livres potentiellement publiables sont envoyés à la maison d’édition et toutes les personnes en relation avec cette dernière (la personne en charge du marketing par exemple ou encore celles en charge de la distribution) vont donner leur avis et exprimer leurs coups de cœur. D’autres critères de sélection entrent également en jeu comme la cohérence avec les autres titres de la maison ou encore la pertinence du lectorat ciblé.


Une fois les livres sélectionnés, j’ai pu assister à une seconde étape des plus ardues : la planification éditoriale. Celle-ci s’avère en effet particulièrement compliquée chez l’éditeur chez qui j’étais puisque ce dernier publie quasi simultanément ses livres sur quatre marchés différents : la Nouvelle Zélande, l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis/Amérique du Nord. Pourquoi difficile ? Parce que chaque livre a sa propre saisonnalité. Difficile de parler de neige en plein été et pourtant, avec des marchés dans les deux hémisphères, il faut forcément faire des compromis. Imaginez aussi un livre destiné plutôt à la période de la fête des mères qui tombe en mars généralement au Royaume-Uni et en mai en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis : un casse-tête à bien des égards. L’adaptation dépasse le simple choix de la date de parution et il faut bien réfléchir au choix du format ou encore à celui de la couverture pour que le livre puisse se vendre sur les différents marchés.


Et d’un point de vue personnel ?

La Nouvelle Zélande est pour moi un pays qui vous renvoie à la simplicité de la vie en général. Peut-être est-ce le fait de sa taille et de sa densité en termes de population (18 habitants/km2 là où en France on est plutôt aux alentours de 115 habitants/km2) mais tout le monde semble se connaître et les rapports entre les individus sont souvent très chaleureux et avenants. Ce sont des détails tout bête du quotidien qui mettent un peu de baume au cœur comme le fait de remercier le chauffeur lorsque l’on sort du bus ou encore la familiarité des serveurs dans les restaurants.

Bien sûr, tout n’est pas rose et le revers de la médaille fut, pour moi en tout cas, de m’étonner d’un certain manque d’ambition des Kiwis en général. Si tout le monde se connaît, il est facile de briller sans trop d’effort. Résultat, les Néo-Zélandais ne sont pas les champions de la productivité, notamment dans le travail. Lorsque l’on se promène sur les routes du pays, on a l’impression que ces dernières sont perpétuellement en travaux. Je vous mets d’ailleurs au défi de me citer 5 personnalités connues néo-zélandaises (mis à part le cinéaste Peter Jackson et la chanteuse Lorde, moi, je cherche toujours).

Dernière petite anecdote ?

La Nouvelle Zélande étant aux antipodes de la France, j’ai été particulièrement surprise par ma difficulté à m’habituer au temps local. Tout d’abord, la journée kiwi a un rythme légèrement différent de celui qu’on peut avoir en France. Au travail, mes horaires étaient 8h30-17h (et c’est 17h pile ou quasiment) avec une pause le midi légèrement raccourcie (mes collègues mangeaient souvent devant leur écran, en mode snack). Quand on va prendre un verre après le travail, c’est donc entre 16h et 19h et certains restaurants ferment même à 19h le soir. Pas de coffee shop ouvert après 16h où prendre un goûter non plus, le café est davantage l’endroit où on va le matin avant le travail.




Et quand on est en relation avec la France, le contraste est encore pire. On allume son téléphone le matin et on reçoit des tonnes de notifications parvenues pendant la nuit. On dit « bonne journée » quand on est sur le point de s’endormir. Et quand les températures commencent à devenir glaciales et que de la grêle tombe dehors, la France se dore la pilule au soleil. Le monde à l’envers.



Rédigé par Noémie BELLANGER

Mis à jour le 06 août 2018