Poèmes d'une étudiante : Léa Jacquier

Fragrance


Je tombe amoureuse comme je cueille une fleur.
La fleur m’attire comme l’appel d’une clairière au Soleil.
Ma main l’effleure et hésite,
Oserais-je l’attraper ?
Les saisons passent et l’on se cherche,
Tendrement, doucement, les feuilles tombent…
Elles tombent et je rougis.
Beaucoup de soirs j’ai voulu tenir ton corps comme on veut tenir la rose, éternellement
Tout contre moi,
Dans la chaleur de mes draps.
Ton parfum me hante toujours,
Cette odeur si particulière qui excite mes sens
Elle embaume mon corps en joie,
Elle pénètre tout mon corps.
Mais toi, rose de mes rêves, as-tu fané ?
Tes doigts glissent
Je m’allonge avec toi,
Révélant mes courbes aux bourgeons qui naîtront.
Ainsi tu succombes
Et nos bouches se lient,
Heureuses de s’unir à nouveau.

Transformation

Le souffle saccadé,
Les paumes tendues vers le ciel,
Une nouvelle fois perdue
La jeune fille se balade dans la forêt
La mousse incrustée dans les pierres guide ses pas.
Au fond d’un bois,
Une caverne apparaît
Une couche de feuillages l’attend
Elle s’allonge
Mais plongée dans des gémissements sur son passé,
Elle s’enfonce dans une spirale sans fond.
Altérée par les trahisons des siens,
Son refuge se gorge d’eau.
Surprise et engoncée dans sa caverne,
Elle étouffe
La lumière danse autour d’elle
Soudain,
De l’air frais frôle son minois amoché
Et deux grandes étendues bleues émergent.
Elle goûte de nouveau à la vie.
Dans le sein d’une cascade d’eau fraîche,
Elle retrouve une terre natale,
Un sol connu,
Des racines solides,
Elle s’accroche à se nouvel élément
Se lave de tous ses malheurs.
Une fois rétablie,
L’allure fière
Une démarche dédaigneuse
La guerrière sort de sa tanière,
Les armes à la main
Prête à affronter le monde.

Les Roses


Les grillons chantent ;
Sous les néons, les jeunes batifolent.
Au fond d’une ruelle, ils découvrent les plaisirs
L’été carillonne dans les clairières.
Les roses encore fraîches,
Trempent leurs lèvres dans l’eau claire.
Elles s’éclaboussent avec innocence,
Éclairées par les boutons d’or.
Soleil d’un soir,
L’inconnu charmeur possédait des épines.
Les roses fanent,
Elles entraînent les lys et Orphée s’éveille
Eurydice l’attend toujours,
Toujours,
En souvenir des joies partagées.
Depuis, la rivière est vivace.
Des pieds nus frôlent l’herbe fraîche.
L’horloge tourne,
Le temps s’arrête.
Maintenant, les roses contemplent des ruines,
Nostalgiques.
L’eau coule,
Baignant leurs pétales.
Tout de noir vêtues,
Elles honorent le deuil de l’été.
 

Mis à jour le 28 janvier 2018