Élection présidentielle sous tensions : le risque des cyberattaques

Publié le 17 février 2017 Mis à jour le 4 avril 2017

A un peu plus de deux mois de l'élection présidentielle française, les tensions se font de plus en plus vives que ce soit entre les candidats ou, plus étrange encore, à cause de rumeurs d’ingérence de la part de puissances étrangères par le biais du cyberespace. Un sacré programme en perspective.

Les menaces de cyberattaques sur l'élection se font plus insistantes...

L’élection de Trump s’était vue entachée entre autres de soupçons d’interventionnisme russe. Le rival historique des États-Unis était critiqué sur la base de suspicions de rapprochements stratégiques avec le candidat républicain et d’avoir manœuvré pour faire fuiter des informations compromettantes sur Hillary Clinton en pleine campagne électorale.
Outre atlantique de telles actions seraient-elles possibles ? C’est bien la crainte des services de sécurité français. Jean Marc Ayrault, chef de la diplomatie, s’en est fait le porte-parole mercredi 15 février lors de la traditionnelle séance de questions au gouvernement. Il a ainsi mis en garde contre toute tentative d’intervention dans l'élection présidentielle à venir, en menaçant de « rétorsion » leurs auteurs.
Plus tôt le même jour le Président de la République, lors d’un conseil de défense, avait demandé à ce que l’ensemble des mesures soient prises pour garantir la bonne tenue de l'élection présidentielle du 23 avril et du 7 mai. D’autres réunions sont prévues dont une le 23 février prochain. Sa teneur n’est pas officiellement connue mais une information du Canard Enchaîné dans son édition du 15 février mettrait à son ordre du jour les responsabilités de la Russie dans les cyberattaques.
Le contexte géopolitique européen fait partie d’un gigantesque jeu d’échecs international dans lequel le pays des tsars semble jouer sa partition à merveille. Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, les victoires de partis anti-européen aux prochaines élections majeures viendraient porter un coup fatal à l’Union Européenne et instaurer un rapport de forces favorable à Poutine lui facilitant sa stratégie de retour au premier plan.

...Alors que les candidats rentrent dans la dernière ligne droite

L’élection présidentielle rentre dans sa dernière ligne droite et les couteaux s’aiguisent de plus belle afin de faire le plus mal possible. L’issue du 2nd tour reste à ce jour très incertaine entre trois favoris Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron. Ce dernier se fait le plus inquiet par ces menaces parmi les candidats. En effet, il est le plus à même d’empêcher les deux candidats de la droite et la droite extrême d’atteindre l’Élysée, en plus d’être pro-européen. Or la présidente du Front National est la plus europhobe des candidats et la plus conciliante vis-à-vis de Poutine comme François Fillon.
Il n’est donc pas surprenant de voir En Marche !, le mouvement de Macron, être la principale cible des cyberattaques comme s’en est plaint Richard Ferrand son secrétaire général sur plusieurs médias français. Attaques qui ont aussi pris la forme de rumeurs et boules plantes propagées via les médias publics russes Sputnik news et Russia Today dans leurs éditions francophones.

Rédacteur : Simon Brenot

Mis à jour le 04 avril 2017